Développement de la filière féminine

Issu de la noix de karité, le beurre de karité est devenu un des éléments phares de l’industrie des cosmétiques. En gagnant de l’importance, il a attiré l’attention d’un grand nombre d’organismes d’aide internationale et de défenseur du commerce équitable. Ces derniers ont la volonté d’augmenter la rémunération des productrices de ce beurre.

La commercialisation contemporaine de ce produit est caractérisée par une filière féminine qui lie les productrices traditionnelles africaines aux « éco-consommatrices » occidentales. Cette configuration, propre à cette filière, encourage les projets « femmes et développement » à fournir des technologies appropriées aux productrices et à les organiser en coopératives. Une meilleure organisation ajoutée à l’introduction d’une technologie mécanisée devrait permettre d’améliorer les conditions de travail des femmes productrices en zone rurale ainsi que leur compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux.

Le Burkina Faso est l’un des principaux pays producteur de karité.

 

Accès au Karité et récolte

L’arbre karité (Vitellaria paradoxa) pousse exclusivement dans la région soudano-sahélienne africaine. Sa croissance étant lente, il vit généralement jusqu’à 200 ou 300 ans. C’est un arbre qui ne peut être cultivé car il pousse naturellement, mais il est sélectionné, protégé et aménagé par les peuples soudano-sahéliens de mai à septembre.

Une femme produit 1kg de beurre en environ 10 heures de travail, ce qui amène à un rendement annuel moyen de 73 à 85kg.

Pour les femmes soudano-sahéliennes, le karité est l’un des rares biens à valeur économique dont elles détiennent le contrôle. Elles le travaillent et le commercialisent depuis plusieurs siècles. Ce produit représente donc une opportunité unique pour les femmes rurales qui ont accès à peu d’activités rémunératrices.

Au Burkina Faso, les familles rurales divisent leurs terres en champs individuels (travaillés par un seul membre de la famille) et communs (cultivés par les membres d’un même ménage). En échange de leur travail dans les champs communs, les femmes ont droit à des champs individuels où elles peuvent récolter exclusivement les fruits de leur labeur. Elles gardent, de ce fait, l’ensemble des rémunérations perçues grâce à la commercialisation des noix de karité et de leurs dérivés. Cependant, ces champs féminins personnels ne représentent qu’une petite partie des terres familiales.

 

Rémunération des productrices

Les profits de la vente de karité sont contrôlés par les femmes dans environ 66% des foyers paysans et dans 27% des ménages elles partagent leurs gains avec le chef de famille. Il peut également arrivé que le père de famille réclame la part entière des ventes féminines.

Les femmes préfèrent donc ramasser les fruits de karité sur des terres libres d’accès où elles peuvent maintenir leurs droits sur toute leur récolte. Cependant, les récoltes sur ces terres impliquent de longues marches et une forte concurrence basée sur la règle « première arrivée, première servie ».

Le cycle productif annuel de l’arbre fait varier la valeur des noix et du beurre de karité. Cette dernière est la plus basse entre juin et septembre du fait que les fruits atteignent leur maturité et que les noix et le beurre affluent dans les marchés régionaux. Lorsque les noix se font plus rares, la valeur augmente de manière considérable.

Les productrices Burkinabés sont payées, en moyenne, 500 francs CFA (1€ = 655.957 francs CFA) par kilogramme.

 

Le labeur de la transformation des noix en beurre

Les femmes transforment les noix de karité en beurre de manière collective. Elles doivent, dans un premier temps, décortiquer les noix à la main puis les concasser pour en libérer les amandes qui sont, dans un second temps, torréfiées et écrasées dans un mortier à l’aide d’un pilon. Afin d’être raffiné, le produit est écrasé ou moulu contre une grosse roche avec une petite pierre.

Ensuite, les productrices ajoutent de l’eau pour créer une pâte épaisse (de couleur brune) qu’elles remuent à 2 ou 3 afin d’en faire sortir, en surface, une mousse grisâtre. Cette mousse est lavée plusieurs fois pour éliminer les résidus non désirés et blanchir progressivement. Après, elle est bouilli pendant plusieurs heures, ce qui permet d’obtenir une couche d’huile qui, une fois refroidie, devient du beurre de karité.

Entre 8 et 10 heures de travail d’une productrice sont nécessaires pour donné lieu à 10 kg de beurre, et ce si elle est aidée pour les étapes de pilage, barattage (le fait de remuer la pâte épaisse) et lavage.

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